samedi 25 janvier 2014

Couloir de la Table, Aiguille du Tour (3544m)




Le prochain projet du GMHM c’est la face Sud du Shishapangma. Encore ? Alors depuis la rentrée c’est retour à l’entrainement physique. Encore ?? Dénivelé en peaux de phoque. Montées descentes sur les pistes des houches. T’en veux encore ??? Fractionné biim ! 5000 m D+ par semaine buuush !
Encore heureux, lorsque les conditions sont bonnes et le temps clément, l’entrainement se passe en montagne. Le cadre est quand même plus joli et les descentes bien plus sympas ! Dans cette optique nous sommes allés au couloir de la table à l’Aiguille du tour, en partant du sommet des grands montets et en remontant le col du passon.


Et pour que la journée soit encore plus agréable, je décide de partir avec 2 sépias qui ne viennent même pas au Shishapangma et qui passent leur temps à parler de base jump. Langage hermétique aux sonorités exotiques… Je regrette mon Iphone et l’amplication entrainement fractionné : Bip…attention pour le prochain palier … 3, 2, 1, Bip … Arghhh.

Je rigole, c’est un réel plaisir d’être en montagne avec Arnaud Bayol. Le pote, le collègue de travail et le partenaire d’entrainement idéal. Toujours motivé quand il s’agit de bourriner et de plus en plus à l’aise dans cette activité un peu abstraite pour lui vilain sudiste : Le ski !


Luc Mongellaz, le skieur, alpiniste, grimpeur, parapentiste et bientôt base-jumper du Te Crew se joint à nous et rajoute encore un peu de bonne humeur à cette cordée.


Mercredi 22 janvier, il fait grand beau, grand bleu sur le massif et, chose rare en 2014, la bonne neige est au rendez vous. La descente sur le glacier d’Argentière est vite avalée, ainsi que la montée au col du passon qui est déja tracée.
Pour la suite nous sommes tout seuls et payons notre trace jusqu’au sommet de l’Aiguille du Tour (3544m).




La descente du couloir de la table (orienté sud) est en neige de printemps, 10 cm revenu sur un fond dur et lisse, un régal.




Manque de neige oblige, il y a juste un petit verrou rocheux à négocier dans le bas du couloir.


La suite de la descente jusqu’au village du tour est en poudreuse de cinéma. A peine 10 traces devant nous, c’est en grandes courbes et en 15 minutes que nous rejoignons le bus qui nous pose aux grands montets.
Superbe journée d’entrainement, sourire aux lèvres 1350m D+ et 3150m D- le tout sous un soleil radieux dans le magnifique terrain de jeux de la vallée de Chamonix.
A peine le temps d’avaler une bière (on ne rigole pas avec les crampes en mode entrainement ;) et Arnaud file chercher ses enfants à l’école. Le papa freeride idéal quoi ! Surtout qu’une fois les bambins couchés il monte les images Gopro pour réaliser le sympathique petit film que voici :


Pour voir le film en HD : http://youtu.be/aB9DK6DyIx4
Merci les gars, à refaire.


Matériel :

-       Skis de randonné (Skis larges agréables sur cette sortie plutôt orientée descente)
-       Matos de sécurité pour évoluer sur un glacier + corde.
-       Crampons, piolet (l’arête depuis le haut du couloir jusqu'au sommet de l’aiguille du tour est en mixte)
-       Casque ;)

Topo :

 Anselme Baud, Mont-Blanc, Aiguille rouge à skis.

Tonio


dimanche 12 janvier 2014

Pilastro Lomasti - La Rossa e il Vampirla



Adapt to conditions. It might be the most important part of the guide work. It could be on the route, choosing to continue or not (depending on conditions, weather, mood, motivation and  fitness) It could be just entering the route, choosing to climb the line on left or right if conditions seem to be better. Or it could be at home when you plan your climbing/skiing/mountaineering project.



Here are the actual conditions : Weather is really warm in chamonix for a 10 th of january. There are no ice falls, gullies are completly dry and snow conditions are disgusting… What is left is dry tooling, but while a sunny day it’s bit a pitty. So our choice finally lead us to rock climbing in the warm valley of Aosta on a southwest wall : Pilastro Lomasti. We have chosen the route « La rossa e il Vampirla » known to be really homogeneous (6a,6a,6a+,6b,6a,6a) and on a perfect Gneiss. Indeed the rock is really perfect there : crimps, pockets, cracks … really solid and slightly slaby. A real pleasure for fingers.




The light shines on the wall from 12 to 16h in January, just enough time to have a perfect sunny and amazing climbing day.

So when conditions are rotten in Chamonix massif, don’t be shy to cross the tunnel and visit this friendly, sunny and lovely Aosta Valley.



The famous Courmayeur guide Arnaud Clavel had the same idea as us today. It shows it was a not so bad idea and we adapt quite well to conditions.

Access : Highway A5 exit on Verres, then follow Arnad. Once past the village follow Machaby and park at the end of the road. (Maximum 2h from Chamonix). Start walking towards Machaby little village (really beautifull) and then follow signs (Pilastro Lomasti) until bottom of the route (45 minutes of pleasant hiking).




Gear : 2*50 m ropes, 14 quickdraws, Helmets, Harness, Climbing shoes and Chalk.

Guide Book : Mani Nude 2, Arampicata sportiva in Valle d’Aosta.

Antoine & Ena

dimanche 8 décembre 2013

Fontainebleau



We, french people are known to be (too much) proud of ourselves and chauvinistic. We always brag about our tastefull cheese, delicate cuisine and delightfull wines… Our football team is, for sure, the best of the world, our towns and landscapes the nicest and our girls the prettiest … I am not so sure about all of it ;)
But What is certain ; we have the best bouledring aera : The worlwide famous « Forêt de Fontainebleau ».



25 000 ha of magic wood dotted with millions of gorgeous sandstone bouders.
Whatever your level you will for sure find a little treasure, and little candy for climber… or at least you will have lot of fun trying and trying a nice project !

Even if you are not so much into boulder climbing, you should at least come there to enjoy this gift of nature, to have fun and to extend your climbing experience.

It is exactly in this mode we have been 3 days climbing in fontainebleau forest with Ena.

First day was used to become accustomed with the specific way of climbing. Every holds are quite flat and it is all about balance and friction. We were lucky to have dry and cold weather because climbing is really condition depending.

On the two other days we were able to focus on our little useless, funny and great projects. As I was able to flash some 7a problems and in the same time completly unable to move in some 5a, I guess grades are not the most important there ;) Anyway we manage to achieve our little goals and Ena has sent her 6c+ slab (La défroquée) while I was pleased to climb on this compressive 7b traverse (La ballade du Graviton).





We visited 3 sectors : L’Elephant, La roche aux sabots and Bas cuvier, but there are so other nice sectors, great boulders and funky projects that we will for sure be back there …


Antoine 

samedi 9 novembre 2013

La Fiesta de los Biceps



Partir deux mois en expédition  n’est pas forcément le top pour garder la frite en escalade. Un bon camp de base à 5300m, 40 jours à brasser dans la neige… rien de mieux pour perdre tous ses petits muscles de grimpeur.
Le retour à la varappe à main nue peut faire mal. Aux bras bien sûr mais aussi à l’ego.
Il ne vaut mieux pas trop regarder les cotations sous peine de finir en dépression.
Imaginez une pomme de terre qui grimpe, pas très sexy comme image mais assez proche de la réalité du retour d ‘expé !

Ce qui est tout de même sympa avec ce sport ingrat qu’est l’escalade sportive, c’est qu’on peut se faire autant plaisir dans un 6a, un 7a, ou un 8a. Alors on range sa petite fierté de côté et on recommence tout doucement à grimper.

L’Espagne est une destination idéale pour une reprise en douceur. Des falaises de partout, plutôt orienté dévers à grosses prises, du soleil des tapas et des bières à 1 euro pour les jours de repos ;)

C’est donc à Rodellar que je replonge mes mains dans des concrétions calcaires après 2 mois dans les moufles !
Après quelques jours de gonflette dans les dévers à colos, nous partons pour les Riglos avec Ena.


Le vrai objectif du trip est d’aller faire un tour dans « La Fiesta de los Biceps ».


Cette voie mythique située dans la paroi de la Visera est réputée dans toute l’Europe comme un des itinéraires « accessibles » les plus déversant. D’ailleurs le monde sur le parking confirme la renommée de la voie : Autrichiens, Allemands, Anglais, Espagnols bien sur et donc Franco/Croates font la queue pour aller se régaler de ces patates déversantes. Mais nos biceps sont plus en mode Siesta que Fiesta pour le moment et nous décidons d’aller rendre visite à  «  Mosquito », la voie la plus abordable de la Visera. Une belle balade aérienne en 6a obligatoire et 6b+ max qui permet d’admirer les autres cordées qui s’échinent dans la fiesta, de s’acclimater à l’ambiance de cette paroi et cette grimpe coglomératiquement surprenante.



Le jour J nous avons la chance d’être la seule cordée dans la ligne. L’itinéraire n’est pas des plus compliqué à trouver : il suffit de suivre la trainé blanche de magnésie laissée par les autres grimpeurs.




Ce qui est en revanche un peu plus complexe est de se rendre compte de ce qui nous attend dans le haut de la voie. Ce que dit Arnaud Petit dans son topo « c’est très, très déversant » serait presque un euphémisme. On se rend bien compte en grimpant entre les points et encore plus aux relais que le gaz est omniprésent. 


L’ambiance est dingue et la grimpe complétement démente. Une fois le doute levé sur la solidité des dites patates, on arête de grimper en mode tuberculeux et on se régale tout simplement. Jamais un mouvement plus dur que les autres, jamais un pas de bloc sordide, un pur plaisir de continuité.
Les longueurs s’enchainent : 6a,6a+,7a,6c,6b+,6b+,7a,6a,5 et c’est complétement rincés que nous arrivons avec Ena au sommet de la Visera. On n’aura surement pas le record de vitesse de la voie mais le plaisir d’une grimpe extraordinaire avec la satisfaction de l’enchainement à vue de toutes les longueurs. Il nous reste la jolie descente à pied pour aller se jeter sur une grande bière et une assiette de patates, frites cette fois !



Antoine